Les pieds sur terre mais le nez en l'air, souvent et surtout sur mon trajet matinal me menant au turbin. C'est ainsi qu'avec une certaine émotion (comme ce fut le cas à Paris il y a 20 ans : les murs sont-ils toujours ornés de ces beaux pochoirs de Némo, Mesnager et Miss'Tic ? nostalgie...) j'ai découvert quelques murs enjolivés d'expressions rebelles, franches ou discrètes, de toute façon éphémères.
Je les appelle "mes trois petits fantômes" et je les salue chaque matin rue Porte Basse ici à Bordeaux.
Ils semblent s'échapper d'un trou creusé dans les briques. C'est signé Derik, si la calligraphie ne me trompe pas. Depuis sept mois que je leur prête attention le temps a fait son office, la pluie les a délavés. Je tremble que cette partie du mur ne soit restaurée. Restons philosophes, c'est la vie ! Derik si tu me lis ?!...
Même rue, non loin des petits fantômes, cette joyeuse ribambelle de fillettes en papier s'éclate sur le métal d'un rideau de fer. De nature fragile, les pimprenelles ont tenu deux mois et ont fini par se décoller. Cela a démarré subrepticement par la droite.
Redoutant le moment où elles finiraient par sombrer sur le trotoir, je bravais l'inévitable du regard à chacun de mes voyages. Pourtant une fois encore le temps a fait son travail, celui-là même qui opère sur chacun de nous.
D'une certaine façon c'était plutôt rassurant de sentir qu'aucune main criminelle n'arrachait les poupettes de papier, mais bien au contraire uniquement le vent et la pluie de façon naturelle.
Un matin n'y tenant plus je suis arrivée avec mon tube de colle pensant réparer...le rideau de fer était nu. C'est tout.
Sur un mur de la rue des Ayres non loin du restau, ces deux carreaux de carrelage ornés d'une bouteille de lait sont collés à une distance respectable du trotoir, entendez par là hors de portée humaine. C'est rose et bleu, frais et joyeux. La peinture s'écaille au dessus de la tête bovine. Non loin de là à quelques intersections de rues piétonnes, j'ai repéré une bouteille jumelle aux couleurs différentes. Pas de photo pour le moment, je n'avais pas mon appareil sous la main. L'occasion faisant le larron, j'y retournerai donc, je ne recule devant aucun p'tit bonheur. Et les bienfaits du lait sont reconnus.
Et vous que ressentez-vous devant l'art éphémère ?